Nouvelle-Aquitaine

Visiter la Dordogne, que faire ? que voir ?

La Dordogne est un vaste département, correspond plus ou moins au Périgord et à ses différents ensembles. Au sud-est, le Périgord Noir est sans doute le coin le plus intéressant, et le plus riche en termes de patrimoine, avec la vallée de la Vézère et ses sites préhistoires, la vallée de la Dordogne et ses villages, mais aussi des jardins et des châteaux disséminés tout autour. Toutefois, les autres régions ne sont pas dénuées d’intérêts. Le sud-ouest, et ses vignes, ont donné naissance au nom de Périgord pourpre. Au centre, c’est le Périgord blanc, en référence aux plateaux de calcaire du Ribéracois-Verteillacois et au nord se trouve le Périgord vert, en raison cette fois-ci de sa végétation luxuriante. 

En combien de temps visiter la Dordogne ?

Je ne vous cache pas que notre endroit préféré, celui le plus riche en petits villages pittoresques, en sites préhistoriques et en jardins, est le Périgord Noir. D’ailleurs, nous y avons consacré une semaine et nous n’avons pas eu le temps de voir tout ce que le territoire a à offrir. En comparaison, nous avons seulement passé trois jours à découvrir l’ouest, et une partie du nord avec Périgueux. Ayant un logement à la frontière avec le département voisin de la Gironde, nous avons passé le reste du séjour à découvrir les vignobles et les prémices de l’estuaire de la Gironde. Donc pour répondre à la question, il faut compter au moins deux semaines pour visiter le Périgord, dont une grande partie sera consacrée au Périgord Noir. 

Que visiter dans le sud de la Dordogne, côté Périgord pourpre ?

Bergerac

Bergerac est la principale ville du Périgord rouge. Et si je vous dis Bergerac, quelle est la première chose qui vous vient en tête ? Cyrano, non ? Et bien la ville lui rend hommage avec deux statues à découvrir dans le centre-ville. On y verra aussi des vestiges du Moyen-Âge et de la Renaissance, avec les nombreuses maisons à colombages ou le cloitre des récollets. Non loin de là, des tours de gabarre sont proposés, depuis les rives de la Dordogne. C’est l’occasion de se promener tranquillement à la découverte des rives du fleuve, mais aussi d’emprunter un bateau utilisé depuis des siècles pour transporter la marchandise. 

Monbazillac

Monbazillac est un village viticole de renom, et certainement le plus célèbre des vins de Dordogne. Son château du XVIème siècle, au milieu des vignes, est un mélange de style médiéval et Renaissance. Perché sur une colline, il domine fièrement la ville de Bergerac et la vallée de la Dordogne. Enfin, la région abrite d’autres châteaux comme celui de Biron, de Duras, de Gageac, de Montréal, de Lanquais ou de Bridoire. 

Les bastides

Je me suis longtemps posé la question de ce qu’était une bastide, je m’attendais à voir un monument particulier, alors qu’il s’agit tout simplement d’une ville « neuve » fondée au Moyen-Âge. Leur particularité est d’être construite selon le même modèle : celui du camp romain. C’est le cas par exemple de Cadoin (avec son abbaye classée au patrimoine mondial de l’Unesco comme étape des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, comme celle de Saint-Avit Sénieur), de Villefranche-de-Lonchat, de Monpazier (classé parmi les plus beaux villages de France), d’Eymet, ou encore de Beaumont-du-Périgord.

Les jardins

Le Périgord pourpre compte plusieurs jardins, comme celui dédié aux bambous à Planbuisson ou les jardins panoramiques de Limeuil non loin de là, à la confluence de la Dordogne et de la Vézère. Le village figure d’ailleurs dans le classement des plus beaux de France. Séjournant plus à l’ouest du département, du côté de Montpon-Ménéstérol, nous avons choisi de découvrir les jardins de Sardy. Ils sont composés de plusieurs espaces avec notamment un jardin des senteurs et un grand bassin où nagent des poissons. Véritable jardin romantique avec des inspirations anglaises et italiennes, il fut créé autour d’une architecture du XIXème siècle.

Le château de Montaigne

Le château et la tour de Montaigne se situent à Saint-Michel-de-Montaigne. A l’intérieur du très beau parc, on découvrira le château, reposant sur les vestiges de la maison forte de Montaigne. Construit au XIXème siècle par Pierre Magne, avocat puis ministre des Finances de Napoléon III, il ne comprend pas moins de 17 chambres, et appartient toujours à ses descendants.

Il n’est toutefois pas ouvert à la visite, à la différence de la tour de Montaigne (en visite guidée uniquement). C’est l’endroit où le philosophe venait se détendre, lire et écrire. C’est aussi ici qu’il passa les deux dernières années de sa vie. Élevé dans la religion catholique, qu’il pratiqua jusqu’à sa mort, une chapelle fut construite au rez-de-chaussée. D’ailleurs, sa chambre qui se situe au premier étage y était reliée par un conduit afin d’entendre les messes depuis son lit.  Au troisième étage se trouvait sa bibliothèque. 

La visite se conclue par une dégustation de vin.

Que visiter dans le centre de la Dordogne, côté Périgord blanc ?

Périgueux

Périgueux est la principale ville du Périgord blanc. Sur les rives de l’Isle, on ne peut détourner ses yeux en arrivant de la cathédrale Saint-Front, qui se détache du village, dominant la vallée. Inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, elle rayonne par sa couleur blanche et se distingue par son style s’inspirant de l’art byzantin, avec ses coupoles et sa forme en croix grecque. De part et d’autre de la cathédrale, des petites ruelles pittoresques et animées (on a découvert Périgueux un jour de marché, forcement ça aide niveau animations), permettent de découvrir l’histoire de la ville à travers ses vestiges. 

Certaines maisons à colombages sont restées intactes, notamment sur les quais, ainsi que la tour Mataguerre, dernier témoignage des remparts médiévaux qui protégeaient la ville. De le Renaissance, Périgueux garde en héritage le château Barrière, L’hôtel de Sallegourde ou encore L’hôtel de Fayolle. Mais pour découvrir Périgueux aux temps anciens, il faudra se rendre à l’ancienne cité de Vésone, du nom de la déesse de la ville. On y verra des vestiges datant de l’époque gallo-romaine, complétés par un musée, réalisé par Jean Nouvel.

Le moulin de la Veyssière

Le moulin de la Veyssière se situe à côté de la ville de Neuvic, à mi-chemin entre Montpon-Ménéstérol et Périgueux. On y découvrira le fonctionnement du moulin et les différentes étapes de la fabrication de l’huile de noix et de noisette. La visite s’achève par une dégustation avant de faire un tour dans la boutique. 

Que visiter dans l’est de la Dordogne, côté Périgord noir ?

J’ai déjà rédigé plusieurs articles sur les idées de visites dans le Périgord noir, alors je n’en ferai qu’un résumé ici. 

Les plus beaux villages de France

4 villages classés parmi le sacro-saint classement sont situés à quelques kilomètres les uns des autres, le long de la Dordogne : 

  • Domme qui surplombe la vallée depuis son éperon rocheux, offrant ainsi une vue panoramique sur la région ;
  • Beynac et Cazenac et la Roque- Gageac, aux pieds de la rivière ;
  • Castelnaud-la-chapelle, connu pour ses châteaux, avec dans la ville le château médiéval qui abrite le musée de la Guerre au Moyen-Âge et, en dehors, le château des Milandes ayant appartenu à Joséphine Baker. 

Un peu plus au nord, on découvre le village de Saint-Amand de Coly, avec son marché des producteurs qui se tient tous les mardis soir en été. Il y a d’autres beaux villages dans la région, mais que nous n’avons pas eu le temps de visiter, comme Saint-Léon-sur-Vézère ou Belvès.

Tous présentent des caractéristiques typiques du Périgord : des toits en Lauze (dalles en pierre calcaire), un tracé médiéval, des ruelles pavées…

Les jardins 

Le Périgord noir fait la part belle aux jardins, comme :

  • Les jardins d’Erygnac, dédiés à l’art topiaire (le travail d’art et d’arbustes dans un style décoratif), autour du manoir d’Erynac ;
  • Les jardins de Marqueyssac, faces au château de Castelnaud, en surplomb de la Dordogne ;
  • Les jardins de l’imaginaire à Terrasson ;
  • Les jardins d’eau à Carsac-Aillac.

Sarlat

Sarlat est la capitale du Périgord Noir, ainsi que gastronomique. Et ça tombe bien parce qu’on y est allé un jour de marché pour s’y balader, et qu’on a ensuite fini la visite par un déjeuner au restaurant. Au programme : dégustation de foie gras, magret, cuisses de canard confites, accompagnées de pommes de terre, cuites dans la graisse de canard, rocamadour et gâteau de noix. Bref un déjeuner très light.

Une fois passées ces dégustations culinaires, Sarlat est aussi une très jolie ville, typiquement périgourdine, avec ses beaux immeubles classés, son abbaye bénédictine et ses hôtels particuliers, le tout disséminé dans un dédale de petites ruelles médiévales. En été, des animations sont organisées dans toute la ville, plus ou moins organisées et plus ou moins spontanées. 

Les châteaux

Il se dit que la Dordogne comprend 1001 châteaux. A coup de campagnes de communication et de distribution de flyers, c’est donc à celui qui réussira à attirer le plus de visiteurs. Certains châteaux sont incontournables, comme celui de Beynac et Cazeanac, sur une rive de la Dordogne, ou celui de Castelnaud, sur l’autre rive. Les deux sont typiquement médiévaux, avec un but purement défensif. D’ailleurs, celui de Castelnaud abrite le musée de la Guerre au Moyen-Âge. D’autres furent construits plus tard, à la Renaissance, et le style n’a donc absolument rien à voir, puisqu’ils servaient alors de lieu de résidence. C’est le cas du château des Milandes, ayant appartenu à Joséphine Baker. 

La vallée de la Vézère

La vallée de la Vézère est surnommée la vallée de l’homme, tant elle est riche en sites préhistoriques. Le plus célèbre de tous est bien entendu la grotte de Lascaux. Un centre international de l’art pariétal – Lascaux IV – a d’ailleurs ouvert récemment permettant de désengorger Lascaux II, la reproduction de Lascaux I, la grotte d’origine, interdite à la visite. Il reconstitue à merveille la cavité découverte par 4 adolescents en 1940, qui étaient loin de se douter qu’ils venaient de pénétrer dans la « Chapelle Sixtine de la Préhistoire« .

A ne pas manquer non plus le site des Eyzies, qui comprend de nombreuses grottes et abris, dont le nombre de places est toutefois limité. Chacune a ses propres spécificités. La grotte des Combarelles présente par exemple plus de 600 gravures accompagnées de dessins. Celle de Font-de-Gaume protège secrètement plus de 200 gravures et peintures de rennes, de chevaux, de bisons et de mammouths. Enfin, l’abri de Cap-Blanc abrite des sculptures de chevaux, de bisons et de cervidés. Et c’est sans parler de la grotte du sorcier à Saint-Cirq-du-Bugue, de l’abri de Cro-Magnon, de l’abri Pataud, de la grotte de Baru-Bahau…

La grotte de Rouffignac diffère quelque peu des autres car il s’agit d’une des plus grandes grottes ornées d’Europe, tellement grande que la visite se fait à l’aide d’un petit train électrique.

A noter également la présence de sites troglodytiques, comme La madeleine, La maison forte de Reignac ou encore la Roque Saint-Christophe.

Enfin, pour en découvrir davantage sur cette période, rendez-vous au musée national de la Préhistoire ou au pôle international de la Préhistoire.

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