Drôme provençale
Auvergne-Rhône-Alpes

5 jours en Drôme Provençale

Pour notre dernière semaine de vacances estivales, nous avons choisi de sillonner la Drôme Provençale et le nord du Vaucluse. Nous avions réservé une chambre d’hôtes dans l’enclave des papes, à proximité de Grignan, à la frontière entre les deux départements. Séjournant en août, nous n’avons pas pu admirer les champs de lavande se parer d’une exquise couleur violette. Mais ce n’est pas pour autant que nous n’avons rien fait, et la Drôme Provençale est un joli coin de France qui se visite à toutes les saisons. Découverte des champs d’oliviers à Nyons, dégustation de nougat à Montélimar, balade dans les plus beaux villages de France et promenade à Vaison-la-Romaine ont été nos principales occupations de ces 5 jours. 

Admirer les champs d’oliviers à Nyons 

Nyons fait partie du parc naturel régional des Baronnies Provençales, un écrin de verdure entre les Alpes et le Mont Ventoux où l’on sera embaumé par les odeurs de thym sauvage, de romarin et de lavande. Surnommée le petit Nice, la ville bénéficie de 2800 heures d’ensoleillement par an. René Barjavel, écrivain de science-fiction, originaire de la ville, dira d’ailleurs que la seule différence entre Nyons et le paradis, c’est qu’à Nyons, on est y est vivant.

Au creux d’un cirque de collines verdoyantes, Nyons est entouré de champs d’oliviers. L’oliveraie des Baronnies compte quelque 261 oliviers sur 1100 hectares, pour une production de 350 tonnes d’olives et d’huiles d’olives par an. On l’aura compris, ici, tout tourne autour de ce petit joyau vert ou noir qui sent bon le sud. L’huile d’olive de Nyons est d’ailleurs la première huile classée AOC (appellation d’origine contrôlée). Aux pieds du Pont Roman, sur la promenade de la Digue, on découvrira les derniers vestiges de ce qu’étaient les moulins à huile des XVIIIème et XIXème siècles. On peut d’ailleurs visiter le moulin Dozol-Autrun, ou tout du moins la boutique, où il est possible de déguster les différentes sortes d’huiles et de découvrir tous les produits conçus à partir de cette fameuse olive, comme des savons, des crèmes et des mets alimentaires à l’instar de la délicieuse tapenade. En continuant sa balade sur la promenade de la Digue, on découvre le jardin des arômes qui regroupe environ 200 espèces de plantes à parfum.

Toujours dans le thème « olives », on peut aussi visiter la scoutinerie de Nyons. Il s’agit d’un endroit où l’on fabriquait des scourtins, poches dans lequel on entasse la pâte d’olive qui sera pressée. La scoutinerie de Nyons fut fondée en 1882 et est restée depuis lors dans la même famille, perpétuant le savoir de générations en générations. La particularité de la bâtisse : elle servait autrefois de magnanerie, où l’on filait la soie. 

Plusieurs sentiers entourent la ville, dont certains font la part belle aux oliviers : 

  • Sentier des oliviers permettant de découvrir les dessous du monde des oliviers. La balade de 4 km, d’une durée d’une heure et demie, sillonne à travers un patrimoine oléicole ;
  • Sentier des Bois de Lumière rejoignant Garde-Grosse, la montagne qui domine le village. On y découvrira la faune avoisinante ainsi qu’un magnifique point de vue sur le village. Le parcours est de 2km pour une durée d’une heure ;
  • Le parcours Barjavel sillonnant à travers les sites emblématiques de la ville ;
  • Le sentier botanique de Devès, un sentier botanique pédestre, d’une distance de 3 km ;
  • La balade et sentier du vignoble nyonsais permettant de découvrir le vignoble des Côtes du Rhône, beaucoup plus longue que les autres, puisqu’elle fait 22 km. 

Il existe également un itinéraire à faire en voiture : la route de l’olivier, de 80 km. On y explorera trois vallées et des bourgs pittoresques, où l’olive est omniprésente, comme Nyons, Buis-les-Baronnies et Mirabel-aux-Baronnies.  

Enfin, le marché du jeudi vaut également le détour, à condition d’y aller tôt le matin où d’aimer la foule. Il faut dire qu’il est connu de la région et attire les amateurs d’olives, de vin, de lavande, de cerises, d’abricots et de pêches, toutes les productions du terroir des Baronnies. 

Découvrir la fabrication du nougat à Montélimar

Pour rester sur le thème gastronomique, nous avons fait un tour à Montélimar, capitale du nougat, terre des premiers oliviers, de l’ail, de la truffe et des coteaux de la vallée du Rhône. Il faut bien reconnaitre qu’à part ça, la visite du centre de Montélimar est assez décevante. Il y a effectivement un château – le château des Adhémar – mais il n’en reste que des ruines. 

Après une petite balade rapide du centre, nous nous sommes réfugiés à la Nougaterie du Chaudron d’or, une des dernières fabriques de nougat artisanales, créée en 1949.  Des visites gratuites permettent de découvrir l’atelier, un tout petit endroit où est produit le nougat. Je suis plutôt du genre septique quand il s’agit des produits « artisanaux » mais là, on voit bien tout le travail manuel effectué pour produire le nougat, entre la préparation de la pâte, la mise dans les moules, la découpe et le conditionnement dans les sachets…Nous y sommes allés l’après-midi mais la fabrication a généralement lieu le matin, quand il fait encore frais, et on pourra alors assister à toutes les étapes de la fabrication.

En revanche, il ne faut pas abuser du nougat, puisqu’il est principalement composé de sucre, et de blancs d’œufs. D’ailleurs, le mot nougat viendrait de l’expression « tu nous gâtes ». Pour mériter le titre de nougat de Montélimar, il doit être composé de 30% d’amandes (ou 28% d’amandes et 2% de pistaches) et de 25% de miel. 

Enfin, si vous êtes amateurs de musées, vous pourrez aussi passer une tête du côté de musée du nougat Arnaud Soubeyran. Ouverte en 1837, il s’agit de la plus vieille maison artisanale de Montélimar. La scénographie y est assez unique, à la fois ludique et didactique, retraçant l’histoire du nougat et de la famille Soubeyran. Un salon de thé, où ces somptueux petits délices sont à déguster, complète la visite.

Visiter la Drôme Provençale avec des enfants

Jade et Eliott sont encore trop petits pour se plaindre quand on les trimbale à gauche et à droite, alors on en profite, mais on essaye tout de même de leur faire plaisir. Nous nous sommes donc rendus à la ferme aux crocodiles et pédagogique à côte de Pierrelatte. Forcément, ça enchante les enfants, mais un peu moins les parents qui ne sont pas vraiment fan de voir des animaux sauvages en captivité. J’avais déjà évoqué une ou deux fois ces sujets dans d’autres articles, sur l’ambivalence entre d’un côté la sauvegarde des espèces menacés, et de l’autre les animaux enfermés dans des espaces restreint, à des années lumières de leur milieu d’origine. 

Toutefois, si vous préférez voir des animaux beaucoup moins sauvages, rendez-vous à l’élevage de chèvres mohairs dans les Barronies. La ferme se visite de mars à octobre sur rendez-vous.

Autre lieu insolite à découvrir avec les enfants : le palais des bonbons, du nougat et des souvenirs à Montélimar. Le nom à lui seul est évocateur et l’on pourra plonger au cœur des jouets de notre enfance, et de celle de nos parents. Dinettes, nounours, jeux en bois ou de société, voitures à pédales ou miniatures mais aussi jeux vidéo et dessins animés rétros sont de la partie.

Enfin, si vos enfants sont plus grands, qu’ils refusent les musées et que les animaux ne les passionnent pas vraiment, rendez-vous au parc aquatique de Nyons, pour profiter d’un petit coin désaltérant.

Arpenter le Mont Ventoux et les Dentelles de Montmirail

Le Mont Ventoux et les Dentelles de Montmirail sont deux sites incontournables de la région. Le premier, d’une altitude de 1909m, avec ses 120 millions d’années, est surnommé le Géant de Provence

Une peu plus au sud, se trouvent les Dentelles de Montmirail. Le site est réputé pour l’escalade et la randonnée. Pourquoi ce nom ? Dentelles puisque c’est à quoi ressemblent les falaises, façonnées par l’érosion au fil des millénaires et Montmirail de Mons Mirabilis signifiant mont admirable.  

Admirer les plus beaux villages de Drôme Provençale

La région compte de beaux petits villages comme je raffole…En 5 jours, on ne pourra pas tous les découvrir, et on s’est contenté d’en voir seulement certains. 

Grignan et son château

Grignan était à 10 minutes de notre logement, on a donc sauté sur l’occasion pour aller s’y promener. La ville dispose de plusieurs parkings pour se garer mais nous sommes allés directement sur celui en centre-ville. Ce n’est que quelques jours plus tard, en route vers une autre destination, que nous avons découvert un autre parking, offrant une superbe vue sur le château. Aux pieds du village, juste à côté du parking, on découvrira alors un champ de lavande, malheureusement déjà coupé lors de notre venue, dévoilant en toile de fond les ruelles pentues et le château où vécut Madame de Sévigné. Romancière épistolière française, c’est d’ailleurs ici qu’elle trouva la mort en 1969. Ses lettres, destinées à sa fille, furent publiées plus tard. Sa fille, mariée au compte de Grignan, vécut au château et c’est pour la distraire que Mme de Sévigné lui écrivît des lettres tous les jours, empreintes de sentiments maternels mais aussi témoignant de la société et de la cour de Louis XIV. 

La Garde Adhémar

La Garde Adhémar est plus petite, et, outre sa belle vue dégagée sur la région, elle possède un jardin des herbes classé « remarquable ». Sur 3000 m2, de nombreuses espèces de plantes médicinales sont abritées dans une succession de terrasses, où les parfums se mêlent aux couleurs, se fondant à merveille dans le paysage.

Les autres villages

Comme je le disais, on est resté trop peu de temps pour découvrir tous les beaux villages de la région, comme : 

  • Le Poët-Laval, dans la vallée du Jabron, au milieu des champs de blé et de lavande ;
  • Dieulefit, qui fut un des plus beaux exemples de résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, accueillant réfugiés juifs et espagnols, et leur fournissant des faux papiers. Un grand nombre d’écrivains y trouvèrent refuge, faisant du village le 3ème centre intellectuel français pour un temps ;
  • Montbrun-les-Bains, station thermale familiale, grâce à ses sources d’eau sulfurées. Déjà utilisées par les Romains, elle devint à la mode du XVIème au XIXème siècle, se développant sur le modèle de Baden-Baden en Forêt-Noire ;
  • Séguret, village construit en gradin, au pied d’une colline, où un passage à voute accueille les visiteurs à l’entrée du bourg, laissant place à une fontaine du XVème siècle, un beffroi du XIVème, ainsi que l’église Saint-Denis du XIIème siècle ;
  • Mais aussi Montségur et Suze la Rousse

Explorer les traces de l’occupation romaine 

Vaison-la-Romaine

Ce n’est qu’en 1924 que « la romaine » vint s’ajouter à Vaison, afin d’affirmer ses origines. En effet, on pourra y découvrir les vestiges d’un site gallo romain, dans un champ de ruines, s’étendant sur 15 hectares. Séparé en deux espaces distincts, on trouvera d’un côté le site de Puymin avec la maison à l’Apollon lauré, la maison de la tonnelle, le sanctuaire à portiques et le théâtre. De l’autre, le site de la Vilasse permet de découvrir la rue des boutiques, la maison du buste d’argent, la maison au dauphin, ainsi que la maison aux animaux sauvages.

Un peu plus loin dans la ville, le Pont romain, vieux de 2000 ans, relie la vieille ville à toute la partie plus récente. Il suffit de le traverser pour cheminer à travers un dédalle de petites ruelles parsemées de places ornées de fontaines. En s’enfonçant davantage, on arrivera à l’ancien château fort dominant la ville et la région, d’où la vue est imprenable. 

En cherchant des informations sur la ville, je suis tombée sur une idée plutôt sympa de visite :http://www.intriguedanslaville.fr/intrigue-a-vaison-la-romaine/ . Nous n’avons pas testé mais j’ai trouvé le concept top.

Orange 

Orange garde également le souvenir de l’occupation romaine en Provence. Deux prestigieux monuments  sont d’ailleurs classés au patrimoine mondial de l’Unesco : l’arc commémoratif et le théâtre antique. Le dernier fut construit sous le règne d’Auguste, il y a plus de 2000 ans.  C’est le seul théâtre romain à avoir conservé un mur de scène – long de 103 mètres et haut de 36 mètres –  pratiquement intact. Il pouvait contenir 7 000 personnes réparties en fonction de leur rang social. Des siècles plus tard, Louis XIV l’aurait qualifié de plus belle muraille du royaume. Il constitue d’ailleurs depuis un siècle et demi le cadre des chorégies, un festival de musique.

A l’entrée nord d’Orange, sur la voie qui reliait Arles à Lyon, se trouve l’autre monument : l’arc de triomphe. Il impressionne tant par sa taille – 19m de haut, 19m de large et 8m de profondeur – que par son état de conservation.

Visiter la Drome Provençale

Il n’existe pas une mais plusieurs Drôme, tant elle est multiple, variée, et hétérogène. Ce ne sont pas que les photos des champs de lavande à perte de vue, qui foisonnent sur les réseaux sociaux en juin. D’ailleurs nous n’avons pas du tout choisi ces vacances en fonction de la thématique lavande, car ce n’était pas la bonne saison (pour voir la lavande avant la récolte, il vaut mieux y aller entre le 15 juin et le 15 juillet). 

Non la Drôme Provençale c’est aussi d’autres paysages naturels mêlant le bleu mauve des lavandes, le jaune or des blés et le vert des buis et des tilleuls. Il existe une multitude de façons de la découvrir, en empruntant par exemple les itinéraires thématiques pour découvrir les châteaux et les « voies du sacré » avec Crest, Grignan, Suez-la-Rousse, Montélimar, ou encore la route des vins. Les domaines viticoles du sud de la Vallée du Rhône, avec des grands noms comme Cairanne, Gigondas et Vacqueyras sont à deux pas de là.

Si vous cherchez toutefois à découvrir cette fleur aux parfums enivrants de façon moins superficielle, il est possible de partir à la découverte de la lavande tous les mardis de juillet, avec une balade commençant dans les champs, puis la visite d’un domaine où l’on découvrira un alambic en opération de distillation, et enfin en participant à un diner sur le thème de la lavande. 

A noter également la fête de la lavande, tous les deuxièmes week-ends de juillet, rassemblant quelque 40 000 visiteurs. Si vous venez un peu plus tard dans l’année (ou plus tôt), ne manquez pas tous les samedis matin, de mi-novembre à mi-mars, le marché de la truffe de Richerenches, le plus grand d’Europe.

Où loger en Drôme Provençale ?

Pendant ces 5 jours en Drôme Provençale, nous avons séjourné à la Calamande, une magnifique chambre d’hôtes située dans l’enclave des papes. Anne nous a chaleureusement accueilli dans une des cinq chambres qu’elle propose dans une imposante bâtisse de 1000m2, composée de deux bâtiments en vieilles pierres de la région, entourée d’un champ de lavande. Piscine, wifi, salle de fitness, sauna, hammam, salon de musique, bibliothèque et cuisine, tout est fait pour passer un séjour on ne peut plus agréable.

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