Bateaux sur le Nil
Egypte

Faire une croisière sur le Nil en Égypte

L’idéal pour découvrir les temples d’Égypte est de faire une croisière sur le Nil. En général, Louxor en est le point de départ et d’arrivée. Le bateau passe par plusieurs sites incontournables : Edfou, Kom Ombo, Philae. C’est la dernière étape du périple et le bateau repart ensuite à Louxor. Avec tous ses temples, il faut compter plusieurs jours pour visiter cette ville, qui fut autrefois une cité importante dans l’Égypte antique.

Bon je sais, faire une croisière sur le Nil, ça ne fait pas très « backpackers » mais j’ai trouvé ça vraiment chouette ! J’ai pu voir des sites multimillénaires, sans doute parmi les sites les plus vieux qu’il m’ait été donné de voir (avec les menhirs et les dolmens de Bretagne datant à peu près de la même époque).

EDIT : depuis j’ai vu des sites préhistoriques dans la vallée de la Vézère (Dordogne) datant de plus de 10 000 ans et la grotte Chauvet (Ardèche) dont les peintures remontent à 30 000 ans !

Bref, certains sont rebutés à l’idée de faire une croisière sur le Nil, en groupe, en formule tout compris (c’est-à-dire avec les billets d’avion inclus) et de visiter les temples et autres sites sans ne rien avoir à organiser, ni même de faire à manger…mais moi j’ai adoré…

Les différentes étapes d’une croisière sur le Nil

Louxor, point d’arrivée et de départ

Le départ se fait de Louxor, l’ancienne cité de Thèbes, qui fut choisi comme capitale pendant plusieurs siècles. Dans cette ville, le Nil marque une frontière très nette entre la vallée des morts avec ses temples des milliers d’années et sa nécropole sur la rive Est (c’est celle consacrée aux morts) et celle des vivants sur la rive Ouest avec le temple d’Amon et le temple de Karnak. Il faut compter au moins deux jours sur place pour tout visiter, mais ça sera au pas de course. Pour être plus tranquille et pouvoir prendre son temps, trois jours sont nécessaires. 

La nécropole thébaine abrite les dépouilles des pharaons, dans la vallée des rois, mais aussi des épouses de pharaons et de leurs enfants dans la vallée des reines, à quelques kilomètres de là. En proie au pillage au fil des siècles, mais aussi aux flux de visiteurs, et ce depuis l’Antiquité, il est toutefois difficile d’identifier aujourd’hui à qui appartenaient tous ces tombeaux et des fouilles sont encore en cours. 

Non loin de là, moins touristique, se trouvent la vallée des nobles et celle des artisans. La première abrite les sépultures des anciens hauts dignitaires d’Égypte, la seconde celle de tous les artisans, maçons, peintres, sculpteurs, ouvriers…ayant travaillé dans la vallée des rois.

Ces tombeaux ne sont pas les seuls vestiges millénaires de cette rive, et des temples, pour certains relativement bien conservés y sont présents. C’est le cas de Medinet Habou (temple de Ramses III) mais aussi des colosses de Memnon, ces gigantesques statues, de 1300 tonnes chacune.

De l’autre côté, les temples d’Amon et de Karnak ne sont distants que de quelques kilomètres et étaient d’ailleurs autrefois reliés par une allée de sphinx. 

Le temple de Karnak est un vaste complexe religieux, s’étendant sur 123 hectares, dont les fouilles sont encore en cours. Le temple d’Amon est quant à lui moins imposant mais marque les visiteurs par son entrée pharaonique : ses deux portes monumentales et son obélisque majestueux. A l’origine il y en avait deux, mais le deuxième est aujourd’hui place de la Concorde, à Paris. 

2eme étape de la croisière sur le Nil en Egypte : Edfou et Kom Ombo

La croisière fait ensuite route jusqu’à Edfou pour visiter le temple d’Horus puis repart pour Kom Ombo

Le premier est incroyablement bien conservé, puisqu’il a été construit beaucoup plus tardivement que les autres (entre 237 et 57 avant JC), et qu’il a ensuite été enseveli par le sable pendant des siècles. 

Situé sur les rives du Nil, le second est dédié à Sobek, dieu de la fertilité, représenté par un crocodile, et Haroëris (Horus), dieu protecteur de la monarchie, représenté par un faucon.

3ème étape de la croisière sur le Nil en Égypte : Assouan

Dernière étape de la croisière sur le Nil, Assouan, son barrage et le temple de Philae, mon coup de cœur en Égypte. Sa situation en fait un site plutôt exceptionnel : au milieu d’une île, on y accède uniquement en barque. Le temple, bien conservé et fleuri, propose un son et lumière permettant de le découvrir autrement et d’en apprendre plus sur son histoire. 

Il faut aussi savoir qu’il a été déplacé et reconstitué à l’identique en raison de la construction du haut barrage d’Assouan, qui menaçait de l’inonder (exactement comme le temple d’Abou Simbel). 

Assouan est aussi l’occasion de découvrir autre chose que des temples, et de faire une balade en felouque (bateau traditionnel égyptien). On pourra alors apercevoir l’hôtel Old Cataract, où Agatha Christie écrivit « Mort sur le Nil », le mausolée de l’Aga Khan, chef spirituel des ismaéliens nizarites et accessoirement un des hommes les plus riches au monde, et l’île Eléphantine. C’est ici qu’était située l’ancienne capitale de Nubie, région s’étendant du sud de l’Égypte au nord du Soudan. On pourra de nos jours y découvrir un village nubien tout ce qu’il y a de plus agréable, tout comme celui de Gharb Soheil. Maisons traditionnelles aux façades colorées, stands de nourriture et d’épices, musiques et tatouages au henné…le dépaysement y est sensoriel, conjuguant la vue, l’odorat et le goût. 

4ème étape de la croisière sur le Nil en Égypte : prolongement à Abou Simbel

Il sera ensuite possible de continuer le trajet en bus ou en avion jusqu’à Abou Simbel, à la frontière avec le Soudan. Nous avons opté pour le bus : plus économique et écologique mais aussi plus long !!! Le réveil a lieu vers 3h du matin. Tous les bus se rassemblent pour partir ensuite en convoi avec l’armée. L’avantage est qu’on arrive assez tôt sur le site, vers 8h, ce qui permet de faire les visites « à la fraîche ». Le retour a lieu en fin de matinée. C’est fatiguant mais ça vaut le coup !

Croisière all inclusive sur le Nil : les dessous

Arnaque au visa à Louxor

Un aéroport international est présent à Louxor. C’est donc là que nous avons atterri, mais pas redécollé puisque nous avons ensuite prolongé notre séjour d’une semaine au bord de la mer Rouge. Il existe une arnaque aux visas plus ou moins connue et plus ou moins tolérée. Ils peuvent être fait à l’arrivée en Égypte et sont censés couter une vingtaine d’euros. Or, le correspondant local du tour opérateur nous propose/incite/demande/ordonne (on ne comprend pas trop ce qui ce passe…) de récupérer les passeports pour faire les visas lui-même, moyennant un petit billet de 80€…et se prenant au passage une belle marge…Et gare à ceux qui n’ont pas l’appoint, puisqu’il ne rend pas la monnaie…Bref ça m’a dégouté sur le moment, et bien-sûr personne n’a osé rien dire (moi la première).

Voyager en groupe

Bien-sûr, on adhère ou pas aux croisières all inclusive et à l’ambiance. Comme je l’ai dit en introduction, ne pas avoir à se soucier de l’organisation, de la nourriture, de comment se rendre sur un site fut assez plaisant… Et pouvoir profiter de la piscine et du solarium en haut du navire en dehors des visites.

On a discuté avec des personnes plutôt sympas. Preuve que le monde est petit : on a même rencontré une personne qui avait habité à Mayotte à la même époque que nous et qui avait déjà croisé une fois ou deux mon copain. 

En ce qui concerne l’ambiance, des soirées sont organisées, on y participe ou pas…Et le personnel est assez sympa. On en garde de bons souvenirs, notamment avec les serviettes transformées dans les cabines en une multitude d’animaux différents. 

Bien sur la liberté y est limitée, on fait les visites selon un temps bien millimétré mais je comprends tout à fait qu’il faille un minimum d’organisation. Ceci étant dit, il est tout à fait possible, en fonction de la formule choisie, de ne souscrire que la croisière sans les visites, et de les faire par ses propres moyens. La seule contrainte : être revenu avant le départ du bateau. 

Choisir le bon prestataire

Il y a beaucoup d’offres sur le marché mais ce qui change majoritairement c’est l’état du bateau. Dans l’ensemble l’itinéraire est le même. Les navires sont généralement plutôt modestes (4 ou 5 étoiles, mais il s’agit de normes locales : elles ne signifient pas la même chose que dans les pays occidentaux), voire un peu vieillissants. Les cabines, entre 50 et 80, sont assez spacieuses. Les bateaux disposent souvent d’un pont supérieur avec une petite piscine pour pouvoir se détendre lors des trajets (attention, les transats sont souvent vites pris d’assaut).

Les repas se font sous forme de buffet, avec des menus plutôt occidentaux, et il faut souvent rajouter les boissons (même les bouteilles d’eau).

Avant de choisir le prestataire, il faut bien s’assurer de ce qui est compris dans le prix (visites de temples en supplément ou non). Si elles ne le sont pas mais que le tarif est assez raisonnable, sachez que vous pouvez faire certaines excursions par vos propres moyens en prenant un taxi à l’embarcadère. (Ça peut permettre de faire quelques économies).

Le budget d’une croisière sur le Nil

En ce qui concerne le prix, j’avoue qu’en discutant avec les autres passagers, on a vu qu’il y avait de tout, en fonction du site Internet de réservation…Certains ont par exemple payé moins cher que nous alors que toutes les visites étaient incluses…

En réalité, le marketing y joue pour beaucoup. Nous avions bénéficié d’une « offre promotionnelle » : une semaine de croisière sur le Nil à 700€ avec pour 1€ de plus une autre semaine en all inclusive au bord de la mer Rouge. A ce prix-là, les visites n’étaient pas comprises (on se doute bien que pour 701€ les deux semaines, il faut rajouter à la poche…). Je crois qu’on a dû rajouter aux alentours de 200€ pour les visites. A cela s’ajoutent les pourboires à donner au guide et au personnel du bateau (une cinquantaine d’euros de mémoire).

Nous y sommes allés hors saison (en octobre) et juste après la crise du Printemps arabe et les prix étaient ainsi très corrects. Il faut aussi savoir qu’on a réservé en dernière minute, une ou deux semaines avant de partir. 

Comme dans la majorité des cas avec les TO, on connait la date de départ à l’avance mais pas l’heure, et souvent dans ce genre de voyage, les avions décollent à des heures pas forcement pratiques pour se rendre à l’aéroport (très tôt le matin ou tard le soir), parfois même en pleine nuit…

Prolonger le séjour en Égypte

Je n’ai pas rédigé un article sur notre semaine au bord de la mer Rouge mais il faut savoir qu’il existe de nombreuses formules pour prolonger les croisières sur le Nil, souvent dans un hôtel au bord de la mer (Hurghada, Marsa Alam, Sharm El Sheikh…). C’était plutôt une semaine farniente au bord de la piscine et de la mer, mais on en a profité pour faire deux activités sympas : 

  • Une dans le désert, avec en prime une balade en quad et à dos de chameau, et pour finir un repas sous la tente à la lueur des étoiles ;
  • Une pour faire du snorkelling dans un coin plongé très sympa.

En général, les hôtels proposent de nombreuses excursions mais les prix peuvent vite grimper (par exemple plusieurs centaines d’euros pour aller voir les pyramides d’Égypte). 

Quelques conseils avant de faire une croisière sur le Nil

Insécurité

Il faut savoir que depuis quelques années, l’Égypte, dont le tourisme est une manne non négligeable, souffre d’une baisse considérable d’attractivité. Depuis la révolution égyptienne de 2011, les touristes y sont bien moins nombreux. Nous y sommes d’ailleurs allés juste après et nous n’avons pas du tout ressenti le moindre danger ou insécurité. Des militaires sont présents devant les ports qui accueillent les navires de croisière ainsi qu’en escorte pour rejoindre Abou Simbel.

Attention aux arnaques 

Notre guide nous avait mis en garde contre certaines pratiques malhonnêtes assez courantes et nous étions donc parés. Une arnaque assez courante est celle des fausses pièces de 1 ou 2 €. Devant les sites touristiques, les Égyptiens demandent parfois à échanger un billet de 10€ contre 10 pièces de 1€ (il est apparemment impossible de changer les pièces d’euros en livres égyptiennes à la banque). La première pièce est vraie mais les autres sont en fait des contrefaçons ou tout simplement des livres égyptiennes ressemblant grossièrement à nos pièces.

Il faut aussi savoir que, comme dans tous les pays d’Afrique du Nord, le marchandage fait partie de la vie courante. Parfois c’est drôle, on teste nos qualités en matière de négociation, parfois ça l’est un peu moins et on donne des pourboires sans vraiment savoir pourquoi, tout simplement car rien n’est gratuit. 

Dégradation et conservation des temples

Dans les temples, à l’entrée ou même à l’intérieur, il y a souvent des guides, officiels ou non. Certains vous accompagnent partout ou veulent vous emmener voir un endroit « insolite », un peu à l’abri des regards. D’autres vous embarquent même dans des parties « interdites » et vous proposent de toucher les œuvres à l’intérieur. Tout ça pour dire que je me suis laissé prendre au piège à en suivre un dans un endroit où je n’avais rien à faire. Avec l’humidité dégagée par la respiration, et parfois certains touristes qui touchent les parois des temples, il est fort à parier que des œuvres parfois millénaires ne survivront pas longtemps à ce genre de pratique.

Questions pratiques

En Égypte, il fait très chaud en été et c’est donc une saison à déconseiller. Le mieux est d’y aller au printemps, en automne (on y est allé en octobre et c’était parfait) ou même en hiver. 

Il faut compter environ 4h30 d’avion pour un Paris-Louxor. 

La monnaie est la livre égyptienne avec approximativement 1€ pour 100LE. 

Enfin, niveau hygiène, il est déconseillé de boire l’eau du robinet et fortement recommandé de se laver les mains régulièrement pour éviter la tourista.

Quelques infos sur le Nil 

Le Nil, fleuve majestueux qui traverse l’Égypte, est, avec ses 6700 kilomètres, l’un des plus grands au monde. Prenant sa source au lac Victoria, à la frontière entre le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda, le Nil blanc, comme il est appelé, rencontre le Nil bleu, qui lui prend sa source au lac Tana en Éthiopie, à Khartoum, au Soudan. Après avoir traversé les régions sahariennes, tropicales et équatoriales, il remonte en Égypte pour se jeter dans la mer Méditerranée en formant un delta

Source de vie depuis des millénaires, le Nil joua un rôle important dans l’Égypte antique en permettant la culture des terres grâce au dépôt de limon provenant des plateaux volcaniques de l’Éthiopie. De nombreuses villes se sont donc développées autour du fleuve, comme Thèbes, aujourd’hui appelé Louxor.

Mais le Nil est capricieux, ses crues sont parfois dévastatrices et son cours variable, et il a fallu le dompter. Des barrages et écluses, par lesquels on transite parfois pendant la croisière sur le Nil, ont été construits au cours du dernier siècle. L’ouvrage le plus pharaonique est le haut barrage d’Assouan, l’un des plus importants au monde. Achevé en 1970 en complément de l’ancien barrage d’Assouan, il permet d’étendre les surfaces irriguées et par conséquent d’accroître les récoltes, ainsi que de produire de l’électricité. Sa construction a toutefois mis en péril l’existence des temples d’Abou Simbel et de Philae qu’il a fallu déplacer.

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