Cameroun

Visiter le Cameroun

J’ai visité le Cameroun pendant un séjour d’une dizaine de jours au mois d’avril. Ce n’est pas une destination commune et sans ma sœur qui y était en mission humanitaire, je n’y serais jamais allée. Elle m’avait concocté un périple dans l’ouest du pays. J’y ai rencontré des gens très accueillants, j’y ai vu de magnifiques paysages et je suis allée au bout de mes limites ! Moi qui n’ai jamais été très fan de camping en pleine nature, j’ai été servi…Toutefois, il faut reconnaître que visiter le Cameroun quand on ne connait personne sur place est assez compliqué. Il n’existe que peu d’agences de voyage et la documentation sur le Cameroun n’est pas très riche.

Autre point noir : les formalités pour s’y rendre sont assez lourdes. Il faut faire un visa à l’ambassade du Cameroun, se faire vacciner et prendre un traitement contre le paludisme.

J’ai rédigé plein d’articles sur le sujet, pour vous faire partager mon expérience et vous permettre d’avoir quelques informations si vous envisagez de visiter le Cameroun !

Des idées de visite au Cameroun

Voici toutes les visites que j’ai faites lors de mon séjour au Cameroun. J’espère que ces articles vous aideront à organiser votre voyage et vous donneront des idées que vous y passiez quelques jours dans le cadre d’un voyage pour le travail, que vous rendiez visite à vos proches ou que vous y séjourniez sur une plus longue période. Vous pouvez aussi retrouver notre itinéraire dans l’ouest du Cameroun.

Visiter Yaoundé

Il faut savoir que Yaoundé est la capitale politique du pays mais Douala en est la capitale économique. Les deux villes comptent à peu près le même nombre d’habitants – 2,8 millions – mais Yaoundé bénéficie d’un microclimat, plus doux et plus sec qu’à l’intérieur du pays ou sur le littoral. En quelques jours, on aura l’occasion de : 

  • Visiter ses musées comme le musée national du Cameroun dans l’ancien palais présidentiel où l’on verra de nombreuses collections (objets préhistoriques, archives photo, symboles de l’État, instruments de musique traditionnelle…), le musée ethnographique et d’histoire des peuples de la forêt ou encore le musée d’art camerounais ;
  • Faire ses achats sur le marché comme celui de Tsinga, le centre artisanal au bout de l’avenue Kennedy, le marché de Mokolo, le marché aux fruits et aux légumes de Mfoundi ou le marché central ;
  • Se promener dans le centre-ville pour découvrir la cathédrale Notre-Dame-des-Victoires, le boulevard du 20 mai, le palais de l’unité ou encore le monument de la réunification ;
  • Se détendre au club Noah, au salon de massage au Rond-point Nlongkak ou à la piscine du Hilton (pour l’authenticité, on repassera…)

Vous pouvez aussi vous éloigner de Yaoundé pour découvrir le parc de la Mefou et Ebogo.

Le parc semi naturel de la Mefou a pour vocation de protéger les différentes espèces de singes victimes de braconnage. Ainsi, les bénévoles recueillent les bébés orphelins et réhabilitent les primates détenus comme animaux domestiques. D’une superficie de 857 hectares, on y verra des gorilles, des babouins, des chimpanzés, des guenons et d’autres espèces de singes. 

Ebogo est un site de tourisme durable où l’on pourra faire une balade en pirogue, observer les papillons et les oiseaux, faire une randonnée pédestre ou s’adonner aux joies de la pêche traditionnelle.

Circuit dans l’ouest camerounais

Comme je vous disais en introduction, nous avons fait un circuit dans l’ouest du Cameroun. Au programme : 

Découverte des chefferies

Les chefferies sont de petits royaumes, avec chacune sa propre entité politique et administrative. Elles sont dirigées par un chef, à la fois politique et spirituel. Bien que leur pouvoir soit de plus en plus limité, elles ne sont pas que purement symboliques et ont été institutionnalisées dans la vie politique. Preuve en est : elles sont aujourd’hui présentes dans les conseils régionaux. Toutefois, il existe plusieurs degrés de chefferies, qui sont classées en fonction de leur importance, historique ou territoriale. 

Les chefferies sont nombreuses dans l’ouest camerounais, et en visiter une signifie pénétrer dans la résidence du chef, qui y vit souvent avec ses femmes. Certaines sont plus connues que d’autres mais chacune possède ses spécificités. 

Nous avons choisi de visiter, de manger et de dormir dans la chefferie de Batoufam dont l’origine remonte au XVIIème siècle. Au-delà de la découverte de la chefferie, constituée d’un dédale de portes, passages et cours, notre visite fut aussi l’occasion d’en apprendre plus sur son fonctionnement ainsi que son histoire.

Visite de Foumban 

Fouban, fondé au XIVème siècle, est la capitale du royaume Bamoun. La visite du palais du sultan permet d’en apprendre plus sur ce peuple d’Afrique centrale. Il accueille un musée royal abritant de belles collections de parures, armoiries, statues, masques et instruments de musique. D’ailleurs, l’entrée donne aussi accès à la visite du grand balafon, une sorte de xylophone géant, qui se situe sur la place du marché. A côté du palais, un bâtiment devant abriter un musée, à l’aspect plutôt étrange est en construction. Reprenant les symboles ancestraux de cette ethnie, il est en forme de serpent à deux têtes avec au centre une araignée. 

Mais Fouban est aussi, et avant tout, un grand centre d’art traditionnel africain, réputé pour le travail du bois et du bronze. Le musée des arts et des traditions bamouns fait la part belle à cet héritage. Les boutiques de la rue des artisans permettent de découvrir le travail des sculpteurs, et de repartir avec un petit souvenir, mais vous pouvez aussi faire des affaires au marché qui se tient tous les samedis autour de la mosquée.  

En s’éloignant du centre, on découvrira de nombreuses fonderies, où les artisans se feront un plaisir de vous faire découvrir la confection des moules, la cuisson dans un four traditionnel puis le travail du métal liquide.  

Enfin, Fouban est le théâtre d’un grand rassemblement populaire tous les deux ans : le Nguon. Au cours de cette manifestation, le sultan bamoun se fait juger, et abdique de façon symbolique afin de permettre à tous ses sujets de lui adresser leurs revendications, ceci afin de pérenniser le dialogue social.

Randonnée au Mont Manengouba

Situé à 2 411 mètres d’altitude, il s’agit d’un ancien volcan au milieu d’une forêt tropicale. Seuls quelques habitants y sont présents : les Peules. Regroupés en petits villages, ils vivent de l’agriculture et de l’élevage. L’endroit est connu des Camerounais pour ses lacs jumeaux, le lac mâle et le lac femelle, délimités par une mince arrête. 

Il faut compter environ 4 heures de marche pour arriver jusqu’aux lacs. Sur place, il est possible de se baigner au niveau du lac femelle, le plus grand, de couleur bleue. Des escaliers sont aménagés et permettent de rejoindre une petite plage. En revanche, le lac mâle, de couleur verte, est beaucoup plus difficile d’accès. Nous sommes ensuite repartis au village afin d’y passer la nuit avant de reprendre le chemin du retour le lendemain matin.

Découverte de Limbé

Au programme de la visite : le jardin botanique, les coulées de lave et Down Beach pour manger les pieds sur le sable. 

Fondé à la fin du XIXème par un horticulteur allemand, le jardin botanique permettait d’acclimater au Cameroun certaines espèces de plantes importées. Réaménagé et agrandi au fil des siècles, sa superficie actuelle est de 200 hectares et il ne compte pas moins de 1000 espèces de plantes et 500 d’arbres. A proximité se trouve le Wordwilde life, un sanctuaire et centre de réhabilitation d’animaux. 

Limbé est situé à quelques dizaines de kilomètres du Mont Cameroun, volcan toujours actif, et des coulées de lave atteignent parfois la région, provoquant des dégâts matériels mais jamais aucun blessé. On peut encore voir aujourd’hui certaines de ces anciennes coulées, notamment sur la route d’Ideneau. 

Enfin, Limbé est une station balnéaire, possédant de belles plages de sable noir, comme du côté de Down Beach. Avec le tumulte des bateaux qui partent en mer ou qui rentrent de la pêche, on repassera pour se baigner, mais c’est l’endroit idéal pour une pause déjeuner avec des petits restaurants sur la plage, vendant du poisson braisé et du plantin grillé. 

A noter que Limbé fait partie de la partie anglophone du Cameroun – même si dans les faits beaucoup d’habitants parlent aussi français – et que la région est marquée par des revendications indépendantistes.

Nuit sur l’île aux singes d’Edéa

Clairement ce fut l’expérience la plus intense du séjour. Une barque nous emmène tout droit dans le centre de réhabilitation des singes, où les bébés recueillis passent leurs premières années de vie. Le jour, ils vont en brousse et rentrent uniquement au centre pour passer la nuit. Trois cabanes sont mises à disposition des visiteurs, qui peuvent y passer la nuit, rythmée de cris de singes qui sont sur l’île juste en face. Forcément, l’endroit est rudimentaire, il n’y a pas d’électricité, ni de douche mais quelle expérience !!

On découvre ensuite les singes adolescents et jeunes au petit matin, depuis les barques, quand les soigneurs viennent les nourrir. On assiste alors à leur déjeuner, où tous se regroupent pour attraper la nourriture envoyée depuis le fleuve, sans jamais s’approcher. Il est ensuite possible de prolonger la balade jusqu’à l’embouchure de la Sanaga pour se baigner.

Balade aux chutes d’Ekom et de la Metche. 

Les chutes de la Metche se trouvent à proximité de Bafoussam. Il s’agit d’un lieu de sacrifices, où les Camerounais réalisent des offrandes de toutes sortes. Selon la légende, lors de l’époque coloniale, certains nationalistes furent jetés du haut des chutes par des soldats français. Un jour, un Camerounais réussit à se retourner contre son bourreau et le jeta dans le cours d’eau. Depuis, les exécutions de ce type stoppèrent.

Toutefois, les plus impressionnantes sont les chutes d’Ekom, hautes de 80 mètres. C’est ici qu’une scène du film Greystoke, la légende de Tarzan, fut tournée. Elles se trouvent à une quinzaine de kilomètres de la ville de Mélong. Elles sont caractérisées par la présence de deux chutes, dont une est toutefois uniquement visible en saison des pluies.

Escapade à Kribi

Voici en bonus un article sur Kribi que ma sœur a eu l’occasion de tester durant son séjour au Cameroun. A seulement 2h30 de route de Douala et 3h30 de Yaoundé, Kribi est une station balnéaire assez prisée des Camerounais et des expatriés. Ses plages de sable blanc, son eau à 25 degrés, ses hôtels construits à proximité immédiate du bord de mer et ses cocotiers ont de quoi faire rêver. Farniente donc mais aussi découverte du littoral avec notamment les chutes de la Lobé et les villages de pêcheurs sont au programme. 

Organiser son voyage au Cameroun

Les formalités à réaliser

Il est indispensable de bien organiser son voyage au Cameroun avant d’y mettre les pieds car les formalités sont assez complexes. 

Il faut ainsi se rendre à l’ambassade du Cameroun pour avoir un visa. Pour l’obtenir, il est nécessaire de disposer d’un certain nombre de documents justificatifs dont un certificat d’hébergement ou une réservation d’hôtel ferme ainsi qu’une somme rondelette (115€). Bien-sûr, la délivrance du visa n’est pas immédiate et il faut attendre une dizaine de jours (ou moins longtemps mais là encore il faut payer…).

Ensuite, il faut a minima se faire vacciner contre la fièvre jaune et se faire prescrire un traitement contre le paludisme. Sur place, quelques précautions d’hygiène devront être respectées ainsi que des précautions « de bons sens ». Je m’explique, le Cameroun est un pays assez pauvre, donc il vaut mieux éviter de se promener avec certains signes distinctifs de richesse. De plus, tout une partie du pays, dans l’extrême nord et de manière générale autour des frontières, est déconseillée aux touristes à cause des risques d’enlèvement. 

Le budget à prévoir

Le budget estimatif pour un voyage au Cameroun est assez large et va de 950€ et 1 500€. La fourchette basse est basée sur un voyage le plus local possible : transports locaux, restaurants de rue, hôtels bas de gamme… La fourchette haute est basée sur des prestations davantage milieu de gamme avec notamment un chauffeur et une voiture à disposition pendant la durée du séjour et des nuitées en hôtels de standing.

Et d’autres informations pratiques

Voici quelques informations essentielles à savoir avant de partir au Cameroun : 

  • Le pays dispose d’un vaste réseau de transports en commun grâce aux bus, avec ce qu’il comporte toutefois comme défauts : retard, lenteur et inconfort (il faut « bacher », c’est-à-dire tenir à 6 sur des banquettes de 5 personnes). Pour les plus petits trajets, il existe de nombreux taxis collectifs ;
  • La majorité des paiements se fait en liquide. Mieux vaut retirer de l’argent à un distributeur plutôt que de changer des euros (il existe peu de bureaux de change et les commissions sont élevées). Insistez pour récupérer la monnaie quand vous payez en espèces. Il est courant que les vendeurs vous répondent, dans les restaurants, les hôtels ou sur le marché, qu’ils n’ont pas l’appoint pour se faire un petit pourboire ;
  • Niveau météo, mieux vaut ne pas partir pendant la saison des pluies, c’est-à-dire d’avril à octobre ;
  • Il y a une heure de décalage horaire en été (il n’y en a pas en hiver).

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