Outre-mer

Visiter le sud sauvage, pour découvrir une autre facette de la Réunion

Le sud sauvage de la Réunion porte bien son nom. Alors que l’ouest du littoral est recouvert de plages – l’endroit idéal pour finir un séjour à la Réunion en beauté – le sud et l’est regorgent de curiosités comme les coulées de lave, sur la route du Grand-Brûlé, qui ont façonné et qui façonnent encore le paysage, ou encore le village de Sainte-Rose, ou l’on pourra voir l’église Notre-Dame des laves, qui fut épargnée lors de la coulée de 1977. Le paysage est aussi façonné par la mer, et par le vent, comme à Grande-Anse, à la pointe des cascades et au cap méchant.

Notre découverte du sud sauvage

Nous adorons passer des vacances à la Réunion. Entre randonnées dans les cirques et plages de sable blanc, tout est fait pour être enchanté par l’île. D’ailleurs ce n’est pas pour rien que nous y sommes déjà allés 4 fois. Toutefois, au cours des trois premiers voyages, nous n’avions passé qu’une seule journée à découvrir toute cette partie sud de la Réunion. Et ce n’est que le hasard qui nous a conduit à y séjourner une semaine lors de notre dernier voyage. Nous voulions louer une maison avec nos amis mais, en s’y étant pris à la dernière minute, nous n’avons trouvé qu’une villa qui correspondait à nos critères à Vincendo, à côté de Saint-Joseph. Le hasard fait bien les choses puisque nous avons adoré découvrir tout le sud sauvage en profondeur, et pas uniquement en le survolant comme lors de nos précédents séjours. 

Quelques infos à savoir

La Réunion, c’est un ensemble de microclimats. On peut difficilement dire qu’il faut chaud à la Réunion sachant que c’est souvent le cas au niveau des plages de l’ouest mais beaucoup moins quand on se rend dans le centre de l’île et qu’on monte en altitude. Le sud sauvage ne déroge pas à cette règle de microclimat. En hiver austral (c’est-à-dire en juillet et août) il ne fait pas toujours très chaud, surtout le soir, et il est nécessaire de prévoir des vêtements pour se couvrir comme un polaire et un pantalon.

Nous y sommes allés début août et nous avions loué une villa avec piscine mais l’eau était très fraiche (20-21 degrés) et on s’y est rarement baigné. Il en va de même au pied des cascades, ou dans les rivières : on peut y faire trempette en été mais là, en plein hiver, l’eau est trop froide. 

Que faire dans le sud sauvage de la Réunion ?

Admirer les coulées de lave

Des coulées de lave façonnent la route du Grand Brulé dans l’est de l’île de la Réunion. Plusieurs coulées ont eu lieues au cours des dernières décennies mais la plus intense est celle de 2007 : l’éruption du Piton de la Fournaise a duré un mois traversant l’enclos de Fouque pour descendre dans l’Océan Indien. En trois siècles et demi d’occupation de l’île, c’est l’éruption la plus intense répertoriée. Preuve en est : elle a provoqué l’effondrement sur 350 mètres du cratère Dolomieu et il a fallu pas moins de 7 mois de travaux pour rouvrir la route, la lave atteignant 60 mètres d’épaisseur par endroit.

Depuis lors, des éruptions ont eu lieues mais la lave n’a jamais atteint de nouveau la route. Certaines coulées ont donné naissance à des tunnels de lave : la croute supérieure s’est refroidie alors qu’au même moment, dans les entrailles de la terre, le magma continuait sa course folle.

Certains tunnels sont récents, notamment dans toute la partie du Grand Brûlé, d’autres beaucoup plus anciens, comme le Tunnel Bleu qui remonte à 22 000 ans.

Il est possible d’en visiter, avec un moniteur. Il existe ainsi quelques prestataires sur l’île qui peuvent faire découvrir, à la journée ou à la demi-journée, ce monde souterrain :

Rejoindre le Cap Jaune

D’une hauteur de 50 mètres, le Cap Jaune est une falaise d’hyaloclastite c’est-à-dire formée par des coulées de lave qui se sont refroidies au contact de l’eau, ce qui explique sa couleur ocre si atypique. Pour le rejoindre, deux possibilités : depuis la marine de Vincendo ou depuis la rue de Terre Rouge, en bordure de la nationale 2.

Nous avons choisi le premier chemin, depuis Vincendo. D’ailleurs, c’est le sentier conseillé pour pouvoir admirer le littoral du sud sauvage et contempler les vagues se jeter contre les parois volcaniques. Le contraste entre le bleu de l’océan, le vert de la végétation environnante et le noir basalte des falaises y est saisissant.

Il n’existe pas de panneau d’indication du départ qui se fait sur la droite, quand on est face à l’océan, sous les vacoas. Il faut prévoir une heure de marche aller/retour pour rejoindre Cap Jaune (sans pause et à un rythme régulier). Je précise car nous avons mis plus longtemps avec les nombreuses pauses photos, et à cause d’un petit détour qui nous a contraint de marcher en pleine jungle en étant attaqué de toutes parts par les moustiques. Petit conseil donc : suivez toujours le littoral pour atteindre Cap Jaune. Préférez également de vous y rendre le soir, quand les rayons du soleil viennent directement taper sur les parois de la falaise, mettant en valeur cette couleur particulière. Arrivé sur place, il est déconseillé de descendre en bas de la falaise car le chemin est assez abrupt.

C’est une randonnée idéale à faire avec des enfants, sans dénivelé. Toutefois, la casquette, les lunettes de soleil et la crème solaire s’imposent car le chemin est exposé au soleil.

Se baigner dans la piscine naturelle de Manapany les bains

Il n’y a pas qu’à l’intérieur du lagon qu’on peut profiter des joies de l’océan. La baie de Manapany possède un bassin d’eau de mer aménagé propice à la baignade, protégé des vagues mais aussi des requins. De quoi prendre un bain dans l’eau chaude de l’Océan Indien en admirant les paysages du Sud sauvage. Parfois très fréquenté, en particulier en été les week-ends, mieux vaut privilégier le matin ou en fin de journée pour s’y rendre. Le site, qui bénéficie d’une végétation luxuriante, abrite une espèce endémique de la Réunion, le gecko, un lézard vert au bruit particulièrement reconnaissable. Sur la route pour rejoindre le bassin, n’hésitez pas à faire un stop aux ruines de l’embarcadère des Kervéguen et des vestiges de l’ancien four à chaux.

Se ressourcer au jardin botanique de Saint-Philippe

Le jardin botanique de SaintPhilippe est le paradis des amoureux de végétation. On y découvrira tout ce que la Réunion a à offrir en termes de richesse naturelle à commencer par des plantes à parfums comme l’Ylang-Ylang, à épices comme la vanille ou la cardamone, des plantes médicinales, mais aussi des arbres fruitiers et des fougères, orchidées ou encore des palmiers. Au total, plus de 1500 espèces de plantes sont à découvrir.

Se faire arroser au souffleur d’Arbonne

Le souffleur d’Arbonne est une curiosité naturelle d’origine volcanique : un trou dans la roche basaltique, par lequel des vagues viennent s’engouffrer, et ressortir par-dessus l’arche. Il se situe au bord de la route, à 500 mètres du lieu-dit Le Baril, en bordure de la RN2. Dans un grondement assourdissement, les vagues qui déferlent sur le littoral ressurgissent à plusieurs mètres de haut de cette cavité, creusée depuis des siècles sous l’effet de l’érosion.

Admirer la vue de Grande Anse

Nichée au cœur des terres agricoles, avec des champs de cannes à sucre à perte de vue sur un riche sol volcanique, Grande Anse marque l’entrée du sud sauvage.

Bordée de cocotiers et de lataniers, la baie est une invitation à la détente et au farniente sur une magnifique plage de sable blanc. Bien que la baignade n’y soit pas possible à cause des requins et du courant, elle l’est dans un petit bassin entouré par les rochers. 

Un sentier sous les filaos part de là. En une quinzaine de minutes, la vue depuis Piton Grande Anse, un piton aux falaises basaltiques, se dégage pour dévoiler la plage en contrebas. En continuant le chemin on découvre de l’autre côté Petite-Ile, l’occasion d’apercevoir l’oiseau emblématique de la Réunion, la paille en queue, tourbillonner dans le ciel. Il est ensuite possible de revenir sur ses pas ou de continuer la boucle de 2 h.

Marcher sur d’anciennes coulées de lave pour rejoindre la plage du Tremblet

La plage du Trembet est la plus jeune de la Réunion, puisqu’elle est née en 2007, à la suite de l’éruption du volcan. Elle est connue pour accueillir des cascades éphémères, lors des fortes pluies, et il arrive même qu’un bassin d’eau bleu turquoise s’y forme, au pied des falaises.

Le chemin qui mène à la plage débute par une série de marches permettant de rejoindre les falaises. On déambule alors sur les anciennes coulées de lave refroidies pendant une dizaine de minutes avant de rejoindre la plage. Toutefois, quand nous y sommes allés, les vagues étaient assez fortes et il ne nous a pas semblé très prudent de descendre sur cette bande de 300 mètres de sable noir.

Pique-niquer au jardin volcanique

Le jardin volcanique possède de nombreuses tables de pique-nique. De là, on pourra admirer la coulée de lave de l’éruption du Piton de la Fournaise de 1986, un véritable tunnel de lave se jetant dans l’océan. Depuis lors, la nature a repris ses droits avec même à certains endroits des plantations de vanille. 

Faire une halte à l’Anse des Cascades

L’Anse des Cascades se situe entre Bois Blanc et Piton Sainte-Rose. Entre océan et cascades, dans un écrin de verdure, cette baie naturelle est composée de plusieurs chutes d’eau et d’un petit port de pêche. L’endroit est également très prisé pour les pique-niques, sous l’un des nombreux kiosques, ou à l’ombre des cocotiers. 

Une jolie randonnée au bord de l’océan part de l’Anse des cascades pour aller jusqu’à Piton Saint-Rose (2 heures).

Avoir des frissons au cap méchant

Le cap méchant, entre Saint-Joseph et Saint-Philippe, est typique du sud sauvage, encore très naturel. Le site porte bien son nom, puisque des vagues viennent sans relâche s’abattre sur les côtes noir charbon, formées par les anciennes coulées de lave. Des balades le long du littoral permettent de découvrir les différents panoramas offerts par cette falaise balayée jour et nuit par les flots. Le noir de la bordure côtière et le bleu de l’océan, qui en s’écrasant sur le rivage perd en intensité et se pare de couleurs blanchâtres, contrastent avec le vert du littoral, où les filaos et les vacoas – appelés pinpins à la Réunion – grande plante en forme de parasol – permettent aux visiteurs de trouver un coin ombragé. 

Admirer la cascade Langevin

La cascade Langevin, aussi appelée cascade Grand-Galet se trouve à Saint Joseph. La route pour y accéder est assez étroite, et parfois très raide. Un point de vue spectaculaire est aménagé dans un virage, avec quelques places pour pouvoir y garer un instant sa voiture.

Certains diront qu’il s’agit de la plus belle cascade de la Réunion. Il faut dire qu’elle est composée de plusieurs chutes d’eau, s’étalant sur une même paroi et offrant ainsi un spectacle envoutant.

Une autre cascade, celle du Trou-Noir, se situe en aval de la cascade Langevin. Les amateurs d’eau fraiche peuvent même s’y baigner. Enfin, la cascade Jacqueline, à 400 mètres de l’embouchure de la rivière, complète le trio. 

Se rafraichir au pied de la Cascade Jacqueline

La cascade Langevin est bien-entendu un incontournable, mais si vous cherchez un coin à l’écart des sentiers battus, et moins fréquenté, rendez-vous ici. La randonnée pour accéder à la cascade Jacqueline est assez courte, mais comporte quelques passages avec des rochers. Après avoir laissé sa voiture sur le parking, on arrive rapidement à un écrin de verdure, à la végétation luxuriante, où les bassins sont nombreux pour pouvoir se rafraichir. En prime, on découvrira la pointe de Langevin, son arche naturelle et différents éléments de la culture réunionnaise comme les pêcheurs de bichiques, des poissons vivant à l’embouchure des rivières et en eau douce, présents dans les eaux tropicales côtières des îles de l’Océan Indien.

In fine, la rivière Langevin offre une succession de cascades et de bassins, où il est possible de pêcher, de s’adonner à la randonnée aquatique, de pique-niquer et de se baigner. Toutefois, comme je le disais en introduction, l’eau y est parfois assez froide en hiver austral. 

Randonner à Cap blanc

Le sentier de Cap Blanc se trouve quelques kilomètres après la cascade Langevin. Un parking permet d’y garer sa voiture, mais les places y sont peu nombreuses. Le chemin débute par différentes plantations de chaque côté et suit la canalisation qui alimente la commune de Grand Galet en eau potable. Il monte ensuite à travers les rochers pour rejoindre, après une heure de marche, un point de vue sur une cascade, puis un replat permettant d’apprécier la vue sur les remparts de Morne Langevin et de Grand Coude. Il est possible de continuer le sentier pour rejoindre la plaine des sables ou d’opérer un demi-tour pour retourner au parking (compter environ 2 heures de marche aller-retour).

Se perdre au Labyrinthe en champs thé

Le labyrinthe en champs thé se situe dans la ville de Grand Coude. En arrivant sur le site, on a du mal à s’imaginer le relief du village, puisqu’il se situe sur un plateau, coincé entre d’un côté la rivière des remparts et de l’autre la rivière Langevin. Niché à 1100 mètres, il n’est relié au reste de la Réunion que par une mince arrête – 60 mètres de large entre les deux vallées abruptes – qui porte le nom de Petit Serré. D’ailleurs, en chemin, une halte s’impose pour admirer la vue de chaque côté.

Le labyrinthe en champs thé est l’occasion de découvrir l’histoire du thé à la Réunion sur d’anciennes plantations datant des années 1960. A cette époque, le thé de l’île était reconnu comme étant l’un des trois meilleurs au monde. Y est également cultivé le géranium, pas celui qui pousse sur les balcons mais celui qui permet de recueillir les huiles essentielles, pour ensuite être incorporé, entre autres, dans les fameuses brioches au géranium que l’on trouve dans certaines boulangeries sur l’île. En ce qui nous concerne, nous avons testé les sablés au géranium en vente à la boutique du domaine. 

Le labyrinthe en champs thé est l’endroit idéal pour perdre ses enfants, les faire participer à un parcours semé d’énigmes. D’ailleurs, les grands aussi peuvent jouer puisque deux autres questionnaires leur sont dédiés. Des visites guidées sont proposées à 10h et 14h sur réservation. La visite s’achève par une dégustation de thé, de miel et d’autres produits locaux.

Enfin, si vous cherchez à en savoir plus sur la culture réunionnaise, direction la maison de Laurina non loin de là, pour découvrir le café Bourbon pointu, considéré par certains comme l’un des meilleurs au monde. 

Etre surpris à Notre-Dame-des-Laves

Notre-Dame-des-Laves est une église très particulière se situant à Sainte-Rose. Lors de l’irruption du Piton de la Fournaise de 1977, la lave contourna miraculeusement l’église sans y pénétrer, alors qu’elle ensevelit des dizaines de maisons aux alentours. Les vitraux éclatèrent même sous l’effet de la chaleur. On peut encore voir aujourd’hui la coulée solidifiée autour de cette église, devenue une des attractions incontournables du sud sauvage de la Réunion.

Prolonger la découverte au pont suspendu de la rivière de l’Est

Le pont suspendu de la rivière est se situe entre Saint-Benoit et Sainte-Rose. Il était, à l’époque de sa construction en 1894, le plus long pont suspendu du monde. Aujourd’hui, après la construction en parallèle d’un pont en béton pour les voitures, il n’est plus que piéton.

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