Hauts-de-France

Un week-end dans l’Oise à une heure de Paris

Le sud de l’Oise possède un riche patrimoine naturel et culturel. Trois massifs forestiers de près de 20 000 hectares au total y sont situés ainsi que plus d’une centaine de monuments historiques classés ou inscrits. Deux sites d’exception, distants de 10 kilomètres l’un de l’autre, ont sur mettre en valeur la région : le château de Chantilly et la ville de Senlis. A une heure de Paris, un week-end dans l’Oise est donc l’idéal pour découvrir ce riche patrimoine. J’y ai passé un petit week-end vraiment top en famille ! A la fois ludique, intéressant et dépaysant, tout ça aux portes de Paris 🙂 Je suis ensuite retournée dans l’Oise, à Gerberoy, un des plus beaux villages de France, à l’occasion d’un week-end dans le Pays de Bray, puis à Compiègne pour ensuite dormir dans un logement insolite : une yourte dans une ferme.

Visiter le domaine de Chantilly

Notre visite du château

Nous sommes arrivés aux alentours de 10h pour commencer la visite du château. Avant de visiter l’intérieur, nous avons fait un tour dans le parc pour partir tout de suite voir les kangourous. Nous avons ensuite pique-niqué dans le parc avant de découvrir l’intérieur du château. Les spectacles équestres ont lieu à heure fixe et nous avons entrepris une petite sieste dans l’herbe avant de nous y rendre. 

Même si on a plutôt mal goupillé notre programme, avec pas mal d’attente avant d’aller voir les chevaux, je pense qu’il faut compter une bonne partie de la journée pour tout découvrir de fond en comble. A noter qu’il faut compter une bonne vingtaine de minutes pour se rendre aux écuries, parfois plus si on est à l’autre bout du parc, car elles se trouvent en dehors du domaine. Il faut donc ressortir du domaine pour y aller (il n’y a pas de chemin direct depuis le parc). 

Quelques informations sur le château

Le domaine de Chantilly regroupe son château et ses autres bâtiments : le château d’Enghien, la cabotière et la maison de Sylvie ainsi que son musée vivant du cheval et ses jardins.

Choisi pour son emplacement stratégique, dans la vallée de la Nonette, sur la route de Paris à Senlis, le domaine passa de mains en mains au fil des siècles. Il appartint ainsi à de riches propriétaires comme la famille de Montmorency au XVIème siècle, les Bourbon-Condé au XVIIème et le duc d’Aumale au XIXème. Sans héritier direct, le domaine fut légué à l’Institut de France au décès du duc d’Aumale.

Le château de Chantilly

Comme beaucoup de châteaux, celui de Chantilly s’est transformé au fil des siècles pour passer d’une fonction militaire à résidentielle. Ainsi, au Moyen-Âge, le château de Chantilly était une forteresse composée de sept tours et entourée de douves remplies d’eau.

Anne de Montmorency, connétable de François Ier (sorte de responsable des armées), le transforme en véritable château Renaissance au XVIème siècle. C’est à cette époque que le Petit Château, qui constitue aujourd’hui la partie la plus vieille du domaine, est construit.

Le château est en grande partie détruit à la Révolution puis reconstruit au XIXème siècle. 

Les grandes écuries de Chantilly

Les grandes écuries abritent aujourd’hui le musée du cheval. Pour l’anecdote, le prince de Condé étant si fier des écuries qu’il y recevait à dîner sous le dôme de 28 mètres de haut. Ses dimensions sont en effet assez impressionnantes : il pouvait accueillir 240 chevaux et 500 chiens. A l’origine dédiées à la chasse, les écuries furent transformées en caserne lors de la Révolution. Aujourd’hui, ce sont 26 chevaux, 12 poneys et 3 ânes qui y sont accueillis.

Le musée du cheval propose des démonstrations de dressage équestre avec le billet « domaine » ainsi que des spectacles. Nous avons, en ce qui nous concerne, assisté à une démonstration de dressage. En réalité, il s’agit plus d’une répétition pour les spectacles équestres. De cette façon, les chevaux s’habituent à la présence du public et ne sont pas effrayés par les bruits et les applaudissements. Ainsi, les dresseurs demandent même aux spectateurs de participer en applaudissant que quand il le faut, et parfois trois ou quatre fois de suite afin d’appréhender les réactions des chevaux. 

Les autres bâtiments du domaine de Chantilly

D’autres bâtiments sont disséminés dans le domaine de Chantilly :

  • Le château d’Enghien, construit au XVIIIème siècle, qui servait à loger les invités des princes ;
  • Le jeu de Paume, construit au XVIIIème siècle. Il fut transformé en salle d’exposition pour les œuvres grands formats et contient aujourd’hui une maquette du domaine ;
  • La maison de Sylvie, dans le parc du même nom, construite en 1604 (attention, elle ne se visite pas) ;
  • La cabotière construite au XVIIème siècle.

Le parc du château de Chantilly

La superficie du parc de Chantilly est de 115 hectares dont 25 de plan d’eau. Le parc retrace l’évolution des styles avec son jardin à la française créé au XVIIème, son jardin anglo-chinois du XVIIIème et son jardin anglais du XIXème siècle : 

  • Les jardins à la française furent créés par André Le Nôtre. Création préférée du paysagiste, le grand parterre offre des points de vue uniques comme le miroir d’eau reflétant le château.
  • Le jardin anglais aux allures romantiques, aménagé sur une partie des parterres de Le Nôtre détruite à la Révolution. L’île d’amour et le temple de Vénus se cachent sur des petites îles entrecoupées de ruisseaux où nagent cygnes et canards.
  • Le jardin anglo-chinois abrite le hameau de Chantilly. Il comporte 5 des 7 petites maisons d’origine : le salon, le billard, la salle à manger, la cuisine et le moulin. Le hameau servait à l’époque de lieu de fêtes et de plaisirs estivaux. Il servit de modèle au Trianon de Versailles de Marie-Antoinette. Pour les enfants, un air de jeux et un labyrinthe s’y trouvent.
  • Le petit parc ou parc de la Cabotière marque la transition entre la forêt et le parc. On y trouve un jeu de l’oie grandeur nature ainsi qu’un enclos aux kangourous

Questions pratiques sur le domaine de Chantilly

Voici le lien vers le site du domaine pour en savoir plus sur les horaires d’ouverture du château. Quelques conseils pratiques :

  • Il faut prévoir la journée pour visiter le domaine. Vous pouvez faire un pique-nique dans l’herbe ou manger au restaurant du Hameau, du château ou au café des Grandes Écuries ;
  • Éviter de visiter le château le jour du grand prix de Diane pour ne pas être coincé dans les embouteillages et passer pas mal de temps à chercher une place de parking.

Découvrir la jolie ville de Senlis

Après la visite du château de Chantilly le samedi, on s’est baladé le dimanche matin à Senlis. La ville est assez charmante dès qu’on s’écarte des rues principales pour découvrir les petites ruelles pavées. Après une visite rapide de la cathédrale et un tour tout aussi rapide dans le jardin du château, on a pris la direction des anciennes fortifications médiévales pour se balader le long du ruisseau qui traverse la ville. 

Question pratique, on a dormi dans un ancien pigeonnier à une dizaine de minutes de Chantilly. Sur le papier, c’était plutôt sympa et ça nous semblait assez insolite comme expérience mais en réalité il faut savoir que dans un type de logement comme celui-là, il faut très frais en bas et très chaud en haut, or la chambre était en haut….Ce n’est pas que je ne recommande pas comme logement mais je pense qu’on peut trouver des choses plus sympas dans le coin pour à peu près le même prix (environ 100€).

La cathédrale Notre-Dame de Senlis

La construction de la cathédrale Notre-Dame de Senlis débuta aux alentours de 1153. Elle fut ensuite agrandie et embellie au fil des siècles. Au début du XVIème siècle elle fut en partie détruite après un incendie. Sa façade fut reconstruite dans le style gothique flamboyant grâce notamment au financement du royaume, de Louis XII et de François Ier. A la Révolution, elle fut vidée d’une partie de ses ornements mais s’enrichit d’objets de diverses origines au XIXème siècle.

Juste à côté de la cathédrale se situe le palais épiscopal. Il abrite le musée d’archéologie exposant notamment des peintures et des vestiges gallo-romains.

Le parc du château royal de Senlis

Le parc du château royal actuel fut l’emplacement de plusieurs châteaux détruits au fils des siècles. C’est ici que vit le jour la dynastie capétienne avec la montée au trône d’Hugues Capet en 987. On peut encore voir aujourd’hui la muraille gallo-romaine sur laquelle le corps de logis principal était adossé.

D’autres bâtiments plus récents furent construits. Ils abritent, entre autres :

Les arènes gallo-romaines de Senlis

Construites au Ier siècle après JC, les arènes pouvaient accueillir environ 8 000 spectateurs. Elles furent toutefois abandonnées au VIème siècle et servirent par la suite de carrières et de décharges. Au fil des siècles, elles furent ensevelies et tombèrent dans l’oubli. Ce n’est qu’en 1865 qu’on les redécouvrit !

Attention : elles ne se visitent que le premier dimanche de chaque mois à 15h d’avril à octobre et pendant les journées du patrimoine.

La muraille gallo-romaine et les fortifications médiévales de Senlis

La muraille Gallo-Romaine fut construite au IIIème siècle pour se protéger des invasions. Longue de 800 mètres, on peut encore y voir 16 des 30 tours d’origine. Plusieurs points de vue permettent d’admirer la muraille comme au parc du château royal, aux jardins du Roy ou au Passage Vernet.

Les fortifications médiévales furent construites entre le XIIIème et le XVIème siècle le long de la Nonette. Elles offrent une belle promenade alternant points de vue sur les toits de la ville et points de vue sur la Nonette. 

Les ruelles médiévales et les hôtels particuliers

Le centre-ville est un dédale de petites ruelles pavées où l’on peut voir des maisons à colombages et des hôtels particuliers construits au XVIIème et XVIIIème siècles.

Parmi les plus pittoresques, les rues de la Treille, de la Tonnellerie et du Petit Challis alternent vieilles façades et roses trémières. 

Juste à côté de ces trois rues, dans la rue de la Chancellerie, se trouve l’hôtel d’Hérivaux avec sa façade également remaniée au XVIIIème siècle. On pourra admirer derrière la cathédrale, près des Jardins du Roy, l’hôtel de Cornouaille, rue du chat Haret, reconstruit au XVIIème siècle. Un peu plus en redescendant vers la Nonette se trouve l’hôtel du Haubergier, dans la rue du même nom, en brique et en pierre du début du XVIème siècle.

Un week-end dans l’Oise : d’autres idées

Voici d’autres idées de visite autour de Chantilly et de Senlis :

  • Le parc écologique de Senlis, en bordure de la vallée de l’Aunette. D’une superficie de 7 hectares, il s’agit d’une zone d’observation de la flore et de la faune avec une soixantaine d’espèces d’oiseaux ;
  • Le parc Jean-Jacques Rousseau à Ermenonville ;
  • Les abbayes de Royaumont, du Moncel et de Chaalis ;
  • La mer de sable ;
  • Le parc Astérix.

Un peu plus loin se trouve l’imposant château de Pierrefonds. Il est sur notre to-do list depuis des années !!! J’ai lu quelque part qu’il aurait inspiré le château de la belle au dormant mais dans le doute – parce que je trouve qu’ils n’ont clairement rien à voir – je suis allée vérifier. Il faut dire que le château de Pierrefonds ressemble bien plus à une citadelle imprenable qu’à un château de contes de fées.  Et finalement j’ai lu que c’était Villandry, un des nombreux châteaux de la Loire, qui avait inspiré le fameux château reproduit à Disneyland mais aussi que c’était celui de Neuschanstein en Allemagne, qui lui ressemble effectivement beaucoup plus!  

Entre Compiègne et Pierrefonds, pour compléter une journée de découverte parfaite, rendez-vous au joli village de Saint-Jean-aux-Bois. Ses vieilles maisons basses, un peu dans le style longère, son abbatiale et son pont de pierre contribuent à donner au village des allures pittoresques.  

Un peu plus au nord, si vous êtes toujours à la recherche d’idées, rendez-vous à Noyon pour découvrir sa cathédrale

Enfin, si vous êtes plutôt penché nature, ne manquez pas le jardin Van Beek à Beauvais ou le parc Jean-Jacques Rousseau à Ermenonville.

Se promener à Compiègne

Beaucoup plus récemment, nous avons visité Compiègne. En réalité, la ville ne nous attirait pas plus que ça, mais c’était sur notre route pour passer la nuit dans un hébergement insolite : une yourte dans une ferme. Quelle belle surprise avons-nous eu en découvrant le centre-ville, à taille humaine, ainsi que son sublime château. 

Ce qui marque en premier en découvrant la ville c’est son imposant hôtel de ville, de style gothique flamboyant, dominé par son beffroi. En face se tient tous les samedis matin le marché de la ville.

N’hésitez pas ensuite à emprunter la rue piétonne, où le passé médiéval de Compiègne refait surface avec ses maisons à colombages. La « vieille Cassine » datant du XVème siècle en est un exemple parfait. Le nom est on ne peut plus approprié : Cassine désigne en picard une maison d’aspect rustique.

Mélangeant les styles à la perfection, vous serez séduit par la bibliothèque Sainte-Corneille. De grandes baies vitrées remplacent désormais des pans de murs de l’ancienne abbaye pour y faire entrer de la lumière.

Le château royal et impérial

Compiègne est une ville riche en histoire, au coeur d’une vaste forêt. Lieu propice pour s’adonner aux joies de la chasse, sport préféré des rois et des nobles au Moyen-Age et à la Renaissance, le château de la ville fut bâti par Louis XV et Louis XVI. 

Tributaire de la Révolution française, qui vit le pillage d’un bon nombre de biens, Napoléon Ier décida de le remettre sur pied et en fit un lieu de résidence. Mais c’est Napoléon III qui lui redonna ses lettres de noblesse lors du Second Empire. Il y organisa des fêtes prestigieuses, les « Séries de Compiègne » mêlant sur plusieurs jours chasses, jeux, pièces de théâtre et concerts, rassemblant à chaque fois une centaine d’illustres invités.

A force de visiter des châteaux, on trouve parfois qu’ils se ressemblent tous, avec des éléments de décoration souvent identiques. Avec un style empire très clairement présent, le château royal et impérial est différent. Utilisation de l’acajou, prédominance du bronze et du bois, motifs guerriers mais aussi inspirés de l’Égypte ancienne, couleur jaune, vert et pourpre, autant de caractéristiques présentes dans ces successions de pièces, décorées avec faste, luxe et prestige.

Le château fait la part belle à Napoléon Ier puis Napoléon III et son épouse, l’impératrice Eugénie dont on peut voir certaines de ces belles tenues. 

Au rez-de-chaussée est installé le musée de la voiture qui abrite une collection assez complète de véhicules du XVIIIème, XIXème et début du XXème siècle. 

La clairière de l’armistice

La clairière de l’armistice se trouve à quelques kilomètres de Compiègne. C’est ici que, le 11 novembre 1918, dans une voiture de chemin de fer, fut signé l’armistice de la Première Guerre mondiale. L’endroit ne fut pas choisi au hasard : au beau milieu de la forêt de Compiègne, le maréchal Foch souhaitait un endroit discret et proche de Paris. 

Le site devint alors le symbole de la réconciliation et de la paix pour la Triple-Entente, mais de la défaite et des lourdes sanctions qui allèrent de pair pour les Allemands. C’est pourquoi, le 22 juin 1940, Hitler y signa l’armistice avec le régime de Vichy puis ordonna la destruction du wagon et de la clairière. Depuis, le site fut restauré et un musée de l’armistice fut installé.

Gerberoy

Gerberoy se situe à l’autre extrémité de l’Oise par rapport à Compiègne. On l’a visité lors d’un week-end en Pays de Bray

Faisant partie des plus beaux villages de France, ses façades fleuries, même en Automne (saison à laquelle nous y sommes allés), lui confèrent un aspect enchanteur, et je n’ose imaginer à quoi le village ressemble au Printemps. Quand les beaux jours reviennent, que les bourgeons se transforment en fleurs et que les oiseaux chantent de nouveau, Gerberoy se pare de centaines de roses. Pétales blanches, jaunes, roses, rouges et pourpres aux senteurs enivrantes attirent des milliers de visiteurs lors de la fête des roses au mois de juin. L’événement, créé par le peintre Henri Le Sidanier en 1928, met à l’honneur cette variété de fleurs présente depuis des siècles à Gerberoy.

Où dormir dans l’Oise ?

Mon article ne serait pas complet si je ne parlais pas de notre nuit dans une yourte. Un peu loin de Compiègne (à 45 minutes en voiture), et encore plus de Chantilly et Senlis, le logement se situe à la frontière de la Somme et de l’Oise. En plus d’être notre première nuit en yourte, c’était aussi notre première nuit en logement insolite !

Le site propose deux yourtes voisines ainsi que des chambres d’hôtes, le tout dans une ferme. On dort alors à quelques pas de l’enclos des chevaux, de l’âne et des brebis…et un peu plus loin des poules, histoire de ne pas être réveillé de bon matin par le chant du coq. Une piscine chauffée et couverte est également à la disposition des clients (chaque chambre ou yourte a droit à une heure gratuite). Le petit déjeuner est compris est servi au pied de la yourte. 

Un petit coin cuisine commun est prévu avec micro-ondes et frigo, et il est possible d’utiliser le barbecue. 

Seul petit bémol : la salle de bain est commune aux deux yourtes. Ça ne nous a pas dérangé plus que ça puisque nous y sommes allés avec un couple d’amis.

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